Carateristiques
Physiopathologie
Diagnostic biologique Les allergènes
•
Molécules responsables des réactions d'
allergie ou HS de type I dans la
classification de GELL et COOMS ou hypersensibilité immédiate.
• Antigènes originaux non par leur nature, mais par leurs effets
(capables d'induire la production d'IgE).
- pneumallergènes : acariens, pollens, moisissures, phanères
d'animaux.
- trophallèrgènes : protéines alimentaires
- venins d'hyménoptères
- médicaments : pénicilline, curares, ...
Atopie
prédisposition
génétique à une synthèse anormale d'IgE, vis à vis de substances de
l'environnement que l'on appelle allergènes. Cette
réponse
immunologique particulière repose sur une dysrégulation de l'équilibre
fonctionnel de deux sous-populations de lymphocytes T helper, TH1 et
TH2 au profit de l'activité excessive des TH2.
transmission génétique surtout connue par les études de famille évaluant le risque d'atopie dans la descendance :
- 60 % si deux parents atopiques
- 40 % si un parent atopique
- 20 % si deux parents non atopiques
Hypersensibilite immediate en dehors d'un terrain atopique
Peuvent survenir chez "n'importe qui", non atopique du fait :
- d'une exposition allergénique massive
- d'une origine chimique de l'allergène (substance chimique professionnelle, médicaments)
Caractéristiques
Les caractéristiques cliniques de l'hypersensibilité immédiate peuvent être retrouvées à l'interrogatoire :
- reproductibilité des signes avec la réintroduction de la substance déclenchante
- environnement, unité de temps et de lieu
- caractéristiques de terrain : antécédents personnels ou familiaux d'allergie
- amélioration par la suppression de l'allergène.
Physiopathologie
Cellules effectrices de la réaction
Les
mastocytes tissulaires et les basophiles sanguins sont les principales
cellules effectrices, avec des caractéristiques morphologiques et
fonctionnelles très différentes.
Il existe deux populations de mastocytes porteuses du récepteur FCE :
- Les
mastocvtes du tissu conjonctif : péri-vasculaires, largement distribués
dans les tissus, capables de se multiplier en l'absence de cellules T.
- Les mastocvtes muqueux :Présents seulement dans la muqueuse intestinale et les poumons ; ils sont lymphocytes T dépendants.
L'activation ou "dégranulation" peut être induite :
- par des allergènes liés aux IgE
- par les anaphylatoxines du complément (C3a, C5a)
- par des substances exogènes appelées histamino-libératrices.
Les
médiateurs libérés lors de la dégranulation permettent le recrutement
et l'activation d'autres cellules qui participent à la réaction
d'hypersensibilité de type I : polynucléaires eosinophiles,
neutrophiles, macrophages (surtout alvéolaires), plaquettes. les
lymphocytes T exercent un contrôle sur l'ensemble de la réaction de
type I par l'intermédiaire de cytokines telles que FIL3, FIL4 ou FIL5.
Médiateurs
L'agrégation des récepteurs Fce après pontage des IgE et l'entrée Ca
++ dans ces cellules a deux conséquences :
•
la libération immédiate des médiateurs préformés contenus dans les
granules dont le plus important est l'
histamine. Elle se fixe sur des
récepteurs de type Hl sur les terminaisons nerveuses et induit :
- une contraction des fibres musculaires lisses.
La
sérotonine contenue dans les plaquettes et les mastocytes a les mêmes
effets vasoactifs que l'histamine mais son rôle parait plus faible.
L'Eosinophil
Chemotactif Factor of Anaphylaxis (ECFA) et le Neutrophil Chemotactic
Factor (NCF), sécrétés par les mastocytes, activent respectivement le
chimiotactisme des polynucléaires éosinophiles et neutrophiles.
Les
basophiles et les mastocytes sont donc les principaux producteurs de
ces médiateurs mais d'autres types de cellules peuvent aussi les
produire, notamment les plaquettes, les macrophages et les granulocytes.
• la synthèse de médiateurs néoformés d'origine membranaire, ce sont des substances lipidiques qui comprennent :
- le PAF-acether (induit l'agrégation plaquettaire)
- les
métabolites de l'acide arachidonique produits sous l'action
de la phospholipase A2, prostaglandines (PGD2) (voie de la
cyclo-oxygenase) et leucotriènes (voie de la lipo-oxygenase).
- Autres médiateurs néo-formés : IL3, IL4 et ILS, TNFa et du GM-C, SF, sécrétés par les mastocytes activés.
Les IgE et leurs récepteurs cellulaires
Les
IgE plasmatiques ont une faible
concentration (50 à 150 UI) et une
courte durée de vie (2 à 3 jours). La saturation des récepteurs
nécessite des taux d'IgE cent fois supérieurs aux taux physiologiques.
Par contre, ces IgE peuvent persister plusieurs mois fixées aux
récepteurs de haute affinité des mastocytes ; c'est ce qui explique
l'intervalle quelquefois très prolongé entre l'étape de sensibilisation
et l'expression clinique des manifestations d'hypersensibilité.
Les IgE se fixent :
- aux
récepteurs de haute affinité (RFcel) (récepteurs pour l'IgE
monomérique), en nombre élevé sur les mastocytes et les basophiles et
en nombre réduit sur les macrophages et les eosinophiles. La fixation
de l'IgE augmente la demi-vie du récepteur à la membrane cellulaire et
le protège de l'action des enzymes protéolytiques.
- aux
récepteurs de faible affinité (RFcelI, CD23) (récepteurs pour FIgE
complexée à l'antigène), des éosinophiles, des plaquettes et des
macrophages.
Rôle essentiel des récepteurs Fcsl : C'est
l'allergène qui induit un signal d'activation aux cellules ayant fixé
des IgE, en réalisant un pontage, c'est à dire une agrégation d'au
moins deux molécules d'IgE adjacentes.
Cytokines et régulation de la réponse IgE dépendante
Si
les IgE et les médiateurs libérés par les basophiles et les mastocytes
sont les acteurs majeurs de cette réponse, les cytokines jouent
également un rôle de premier plan.
La recherche de cellules T
produisant de l'IL4 (TH2) et de cellules T produisant de l'IFNy (TH1) a
mis en évidence un déséquilibre en faveur des populations TH2 chez les
sujets "allergiques".
La reconnaissance d'un antigène par des lymphocytes T CD4 (TH2) sensibilisés, induit la synthèse :
- d'IL4 qui entraîne une synthèse accrue d'IgE
- d'ILS qui stimule le développement de la lignée mastocytaire
Après
leur interaction avec les IgE et l'allergène, les mastocytes ne vont
pas seulement dégranuler (histaminé et autres médiateurs) mais
également synthétiser de l'IL4, ILS et EL3 pour accroître la réponse
induite par les cellules T.
Une stimulation des cellules TH1 peut agir :
- soit en diminuant la prolifération des cellules TH2
- soit surtout en agissant sur la commutation isotypique des immunoglobulines, freinant la synthèse d'IgE induite par FIL4.
Les deux étapes de la réaction de type I
•
L'étape précoce est dominée par les effets spasmogènes
des médiateurs préformés et néoformés sécrétés par les mastocytes.
•
La réaction tardive est due à un infiltrât inflammatoire constitué de
neutrophiles, d'eosinophiles de monocytes et de lymphocytes CD4 activés.
Diagnostic biologique
Après
l'interrogatoire, l'élévation de l'
éosinophilie et l'élévation des IgE
totales sériques peuvent évoquer un terrain atopique ; mais le taux des
IgE totales peut également être élevé :
- au cours de viroses ou de certains déficits immunitaires
- varie en fonction de facteurs individuels (âge, génétique, degré d'exposition)
Ce dosage garde cependant un grand intérêt dans le dépistage précoce de l'atopie chez le jeune enfant.
- Dosage PRIST (Paper Radio-Immuno Sorbent-Test)
- Méthode
" sandwich '! dans laquelle les réactifs sont fixés spécifiquement sur
des petits disques de papier. Cette technique permet de doser des taux
d'IgE très faibles (quelques unités/ml)
- Méthode ELISA (enzyme Linked Immuno Sorbent Assay)
- Méthode
" sandwich " également ; cette technique de même sensibilité que le
PRIST a l'avantage d'être indépendante des contraintes liées à l'emploi
des radio-isotopes.
Identificationde l'allergène
•
Tests cutanés
La
recherche directe de l'allergène fait habituellement appel aux tests
cutanés, à lecture immédiate ou aux tests de provocation dans certains
cas précis.
•
Dosage des IgE spécifiques, réservé à des cas précis :
- Méthodes radio-immunologiques (RAST) ou immuno-enzymatiques :
Méthodes
par " saturation " radio-immunologique ou immuno-enzymatique permettant
de doser les IgE spécifiques d'un antigène donné. Ces dosages
(semi-quantitatifs) permettent une confirmation biologique de la
sensibilisation à un allergène donné.
- Dégranulation des basophiles
L'intérêt
de ces dosages est surtout évident devant des tests cutanés à lecture
immédiate négatifs ou lorsque ceux-ci ne peuvent être réalisés
(médicaments, venins d'hyménoptères).